Le Bois du Loup saccagé: 184 jeunes à la rue

Bois du LoupLe Tennis Club du Bois du Loup se retrouve au coeur d’un conflit immobilier aux relents de faits divers. Avec la circonstance aggravante que de jeunes joueurs sont pris en otage et ne peuvent plus pratiquer le sport.

Bref résumé de la situation: les installations du Bois du Loup, à Sombreffe, appartiennent à un entrepreneur de transport qui a fait faillite et qui, pour régler sa dette, désire vendre.

Deux candidats sont acquéreurs: une société de construction, qui veut tout raser et reconstruire des bureaux sur cet axe fréquenté, et l’école de tennis, dirigée par Eric Vigneron et soutenue par des investisseurs.
« Il y a un problème de découpage des parcelles mais nous avons une promesse de vente antérieure à celle passée avec l’autre société », dit Eric Vigneron. « De plus, à la date-butoir du 15 octobre, l’autre société avait fait savoir à la banque qu’elle retirait son offre de rachat. Quant à nous, nous maintenons notre offre initiale, qui est à la hauteur de la dette de l’entrepreneur failli. »

Mais ce dernier perd patience. Mercredi dernier, il a purement et simplement saccagé une bonne partie des installations et le matériel, les rendant ainsi inutilisables. Les dégâts sont plus spectaculaires qu’importants mais comme il a aussi changé les serrures, il est désormais impossible de pénétrer dans les halls.

« Or, nous avons une convention de location et un loyer payé jusqu’à fin octobre au moins », dit Eric Vigneron. « Le but est clairement de nous faire partir, de nous dégoûter pour favoriser le retour de l’autre candidat racheteur dans la transaction mais nous n’avons pas pour habitude d’abandonner au troisième set. Notre but est de retrouver l’accès au complexe le plus vite possible et de pouvoir finaliser le rachat des installations. On verra après si nous demandons réparation pour les dommages causés. »

Car Eric Vigneron se fait surtout du souci pour recaser ses 184 élèves. Sans même parler de la cinquantaine d’adultes qui avaient loué des heures le soir.

« On parle ici d’une activité florissante, pas d’un hall à l’abandon », dit-il. « Le club de tennis compte autant de membres que le club de foot local. Et si nous n’avons pas la prétention de former des champions, tout le monde vous dira que nos jeunes sont très appréciés partout pour leur éducation. »

La suite du match se jouera probablement devant les tribunaux du commerce et pénaux. En attendant, une page facebook SOS Bois du Loup a été créée et une pétition, lancée. Elle compte déjà 400 signatures qui, à défaut d’offrir une solution, soutiendront au moins le combat d’Eric Vigneron et de ses moniteurs.